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Rétros réglés, vitres nettoyées, ceinture bouclée: sécurité assurée

L’agriculture reste le troisième secteur d’activité le plus touché par des accidents du travail. Mais des gestes simples permettent de limiter les risques, à commencer par tout ce qui touche à la cabine du tracteur.

Rétros réglés, vitres nettoyées, ceinture bouclée: sécurité assurée

Depuis le début de l’année, douze personnes sont décédées à la suite d’un renversement de tracteur en Suisse. «Tous les véhicules impliqués étaient pourtant équipés d’arceaux de sécurité ou de cabines», précise Étienne Junod, du Service de prévention des accidents en agriculture (SPAA). Dans de tels accidents, la ceinture de sécurité peut clairement sauver des vies. Mais qui, aujourd’hui, porte une ceinture au volant de son tracteur? «Trop peu d’exploitants ou d’ouvriers, malheureusement, regrette le responsable romand du SPAA. Il existe pourtant une obligation légale de la porter quand on roule au-dessus de 25 km/h. Le fait est qu’elle reste la meilleure des préventions contre l’éjection en cas de renversement, car elle maintient le conducteur sur le siège et assure ainsi un espace de survie assez grand.»

Des réflexes à prendre
Le renversement de tracteur et les accidents liés à des machines représentent la première cause d’accident mortel chez les agriculteurs. Même si la tendance est à la baisse (124 accidents pour 1000 personnes en 2016 contre 161 en 2006), agriculteur reste le troisième métier le plus à risque derrière les forestiers bûcherons et les travailleurs du bâtiment. «On a encore trop de cas où l’arrêt de sécurité n’est pas respecté, regrette Étienne Junod. Ce sont pourtant des gestes simples à adopter, au même titre que le rangement de la cabine, le nettoyage des vitres, le réglage des rétros ou l’immobilisation d’un véhicule dans la pente!»

Caméras, freins et entretien
Au sein de l’entreprise ETA Genoud, à Châtel-Saint-Denis (FR), la sécurité n’est pas un vain mot. Transport de déchets verts, broyage de bois, travaux pour tiers: la flotte de tracteurs est quotidiennement sur les routes et les machines sans cesse manipulées. Philippe Genoud et son fils ont donc mis en place toute une série de mesures pour réduire au maximum les risques, pour eux comme pour les autres. À commencer par des caméras apposées à l’arrière de chacune de leurs machines et bennes. «Elles nous changent l’existence, témoignent les entrepreneurs, en nous fournissant de meilleures indications. C’est un confort de travail en plus et un stress en moins.» Les Genoud ont également investi dans des freins à air qui viennent doubler l’efficacité des freins hydrauliques. «Une excellente idée», apprécie Étienne Junod qui rappelle que tous les freins doivent être révisés régulièrement. Enfin, un point d’honneur est mis à soigner leur matériel. «L’entretien en amont est vital pour limiter les risques de devoir intervenir sur les machines lorsqu’on s’en sert. Si on a un problème dans les champs, on est stressé par le travail à terminer et on prend forcément plus de risques.»

+ D’infos www.spaa.ch

Texte(s): Claire Muller
Photo(s): Mathieu Rod

Bon à savoir

UNE CABINE RANGÉE
Des objets qu’on laisse dans une cabine de tracteur peuvent s’avérer dangereux: quelques secousses suffisent pour qu’une bouteille vienne se glisser sous la pédale, c’est alors la catastrophe lors d’un freinage. En cas de renversement ou de coup de frein brutal, les outils peuvent blesser le conducteur, voire briser des vitres.


RÉGLAGE ET NETTOYAGE
Les vitres doivent être propres tout comme les rétroviseurs, qu’on peut désormais régler depuis la cabine. Plus d’excuse dès lors pour ne pas les adapter à chaque changement de conducteur ou de matériel attelé. «C’est un élément qui améliore tant l’ergonomie de travail que la sécurité», affirme Étienne Junod.


IMMOBILISER LE VÉHICULE
La mise en mouvement de convois mal immobilisés en pente est régulièrement source d’accidents. «Il est essentiel de tirer les freins à main du tracteur et de la remorque, de braquer les roues, de retirer la clef de contact, de poser le chargeur frontal et les outils portés et de mettre des cales, tout en tenant compte de la pente et du chargement», rappelle Étienne Junod.


L’ARRÊT DE SÉCURITÉ
La défaillance technique est la deuxième cause expliquant l’importance des accidents en agriculture. Quel que soit le problème, l’arrêt de sécurité doit pourtant être une systématique: stopper les sources d’énergie, immobiliser le véhicule, sécuriser les commandes, arrêter le moteur et attendre l’arrêt complet des machines avant, par exemple, de s’approcher de la prise de force.