Coup de pouce
Les butineuses sont au centre de sa vie depuis trois décennies

Chaque mois, nous mettons en lumière une exploitation de notre plateforme des bonnes adresses. À La Sarraz (VD), François Brunet, membre de l’association Marché Paysan, est spécialisé dans le miel.

Les butineuses sont au centre de sa vie depuis trois décennies

Dans le local frais aux parois couvertes de catelles, des pots aux nuances dorées sont alignés le long des murs. François Brunet finit de les trier, avant de s’arrêter, l’air satisfait, puis de rejoindre une arrière-cour couverte de verdure. Assis à une table ronde, l’apiculteur pourrait parler de sa passion durant des heures. Il prépare chaque année entre 150 et 200 ruches de production, dans un périmètre allant du Locle (NE) à Gryon, en passant par La Sarraz (VD).

Entre mi-juillet et début août, un premier traitement contre le varroa est effectué sur les ruches, puis un deuxième en septembre et un troisième au début de l’hiver. Cet acarien, originaire d’Asie, est un parasite dont l’infestation, au début des années 1980, est à l’origine du déclin des abeilles suisses. Lorsqu’il le juge nécessaire, l’apiculteur va nourrir ses butineuses avec un sirop dont la composition reproduit celle d’un miel de fleur. «Il faut faire une évaluation pour chaque ruche, et le besoin est très différent d’une région à l’autre. En plaine, il faut 15 kg de miel dans la ruche pour passer l’hiver, 30 kg en montagne», explique François Brunet.

Deux récoltes

L’automne est une période d’intense observation, où il faut s’assurer de la vitalité des abeilles avant qu’elles n’entrent dans la saison froide. Encouragés par la proximité et le manque de ressources, les pillages entre les ruches ne sont pas rares et peuvent affaiblir considérablement les colonies qui se font attaquer. Dès les premiers gels, les reines arrêtent leurs pontes, les abeilles se regroupent autour d’elles pour se tenir chaud. «On leur fiche une paix royale, tout en vérifiant de temps en temps si les ruches ne sont pas attaquées par certains animaux, comme le pivert ou le blaireau.»

Au printemps, le développement de la colonie obéit à deux impératifs: le besoin de place et celui de bâtir de nouveaux rayons. L’apiculteur ajoute alors des cadres neufs, puis une à deux hausses pour récolter le miel, entre mi-mai et juin. Exceptionnellement, il peut en mettre jusqu’à cinq. C’est à cette période que vient l’essaimage. Considéré comme le mode de reproduction de la colonie, il voit s’envoler une grande partie des effectifs de la ruche pour démarrer une nouvelle vie. «Je dois effectuer une vérification tous les cinq jours. Il y a beaucoup de travail à faire pour limiter ces envols», raconte-t-il.

Entre mi-juillet et début août, l’apiculteur effectue souvent une deuxième récolte. Une fois le miel (de fleurs ou de forêt) amené à la miellerie, François Brunet le laisse décanter, puis l’écume pour enlever les déchets éventuels et le brasse, si besoin, pour lui donner une consistance crémeuse, avant de le mettre en pot. Mais le membre de l’association Marché Paysan ne produit pas que du miel! Chez lui, on peut également trouver de la propolis, du miel en rayon, des bougies en cire d’abeille, de la gelée royale et de l’hydromel vieilli en fût de chêne… De quoi profiter de tous les bienfaits des produits de la ruche.

Outre en direct, ses produits sont disponibles dans divers points de vente de la région, comme le Landi de Cossonay, le Marché Ciboulette à Orny (VD), La Ferme Vaudoise ou la boutique Arthénia à Lausanne, parmi beaucoup d’autres, dont la liste complète se trouve sur le site internet du producteur.

Texte(s): Camille Saladin
Photo(s): Camille Saladin